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mondernierjob

23 mars, 2011

MON DERNIER JOB – Mode d’emploi du blog !

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POUR L’INSTANT, il y a 22 articles sur le blog.

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Dernière mise à jour : 23 mars 2011

Mises à jour précédentes : 13 novembre 2010 22 septembre 201005 août 2010  08 juillet 2010 10 juin 2010
( Cette présentation est susceptible d’être remise à jour très régulièrement )

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Nous sommes toujours en recherche de nouveaux témoignages. N’hésitez pas à nous contacter si le cœur vous en dit ! → mondernierjob@gmail.com

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Par mondernierjob le 23 mars, 2011 dans Non classé
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DOULOUREUSE REPRISE…

DOULOUREUSE REPRISE... deuil

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Bonjour à toutes et à tous !

C’est avec une certaine difficulté que Mondernierjob reprend sa mission originelle. On pourrait même dire, avec une certaine douleur.

Il est vrai que, dernièrement, les activités de notre vie de couple ont généreusement pris le pas sur la gestion du blog et que donc, de facto, il ne nous a pas été possible de maintenir l’arrivée de nouveaux dépositaires. L’esprit du site s’est donc essoufflé durant quelques mois sans que nous n’y prenions garde.

Aujourd’hui, les choses redémarrent avec la ferveur des débuts et nous comptons effectivement sur votre mobilisation éventuelle afin de n’exclure personne de processus de reprise. Le dépôt de témoignages est donc toujours d’actualité. Si vous souhaitez déposer votre texte ou bien si vous connaissez quelqu’un susceptible de le faire, n’hésitez surtout pas. Nous sommes toujours à votre écoute. Pour cela, il suffit de nous contacter par mail.

Voilà pour les difficultés. Maintenant, pour ce qui est de la douleur, c’est une autre chose…

Il y a de cela une semaine, nous avons eu la désagréable nouvelle d’apprendre le suicide de Louhanne89 dont le témoignage figure sur le blog. En accord avec son compagnon, nous avons décidé de ne rien modifier de son texte, si ce n’est, par honnêteté intellectuelle, de mentionner effectivement l’information de son décès.

Merci de nous lire encore et encore, et à très bientôt.

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Vale & Fane

Par mondernierjob le 23 mars, 2011 dans Non classé
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13 novembre, 2010

JE PARTIRAIS EN LAISSANT LES CLEFS A QUI LES VOUDRA

JE PARTIRAIS EN LAISSANT LES CLEFS A QUI LES VOUDRA gondzamondernierjob

 

Témoignage de : Gondza

Age : 39 ans

Localisation : Non-communiquée

Reçu par email en : 25 octobre 2010

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Bonjour, difficile d’apporter un témoignage sur ce blog quand on a pas beaucoup bossé. Je dirais même que la chose est hautement improbable, perso j’ai rien à écrire sur la carrière que j’ai pas eu^^. J’ai beau avoir 40 ans bientôt, je ne peux pas dire franchement que ma vie pro est été épaisse. J’ai en tout et pour tout une seule expérience dans le domaine de la grande surface dont je ne garde pas un bon souvenir. Tout ça remonte à plus de 10 ans.

J’ai réalisé un jour que ce n’était comme ça que je rêvais ma vie. J’arrivais pas à croire que j’allais me taper 40 annuités de taf à me lever tôt pour une maigre retraite, alors qu’un gros paquet de fêtards se la couleraient douce sous le soleil de Miami avec les dividendes du groupe pendant ce temps là.

Ma conscience s’est réveillée un soir sur le parking du centre commercial où je taffais pendant que je montais dans ma voiture. Je suis resté au moins une heure à cogiter sans décoller. Faut dire aussi que j’avais un peu les nerfs. Je venais de me prendre un savon par mon sup parce que j’avais été jugé pas assez rapide en évaluation sur poste. A moi qu’on appelle « Speedy Gonzales », croyez bien que ça m’a fait un peu mal au c*l !

Je ne sais pas expliquer comment mais quelque chose s’est cassé en moi ce soir là. J’avais essayé de retenir les eaux pendant des années et là brusquement il y avait une inondation gigantesque. C’est la meilleure image que j’ai pu trouver pour comparer ce que je ressentais.

Devenu chômeur, j’ai rien fait pour retrouver du taf. J’ai commencé à me laisser vivre, faire la vie avec les copains, me lever tard. Je me suis aperçu que le bonheur c’était ça tout bêtement. Depuis j’ai jamais arrêté.

Aujourd’hui, je vis pas mal du tout malgré que je sois raide dès le 10 du mois. Le plus important est de m’éclater avec ce que la vie a de plus sympa. J’ai plus de bagnole et j’ai pas de grande baraque avec piscine non plus. Tout ceci n’a pas d’importance. Je dirais même que je possède pas grand chose à part moi-même. Si un jour on vient me saisir, il n’y aura rien à prendre parce que toute ma vie tient quasiment dans un gros sac. Je partirais en laissant les clefs à qui les voudra.

Mon kiff c’est plutôt les LAN-party entre gamers que je chapeaute quelques fois du fait que je suis un ««« vieux »»» dans le milieu. Je passe beaucoup de temps sur les jeux vidéo et sur le net. Du moment que j’ai un toit, un pieu au chaud pour dormir, une table pour poser mon Alienware, le reste peut bien attendre. De toute façon j’attends pas autre chose de la vie. Moins j’ai de responsabilités et mieux je me porte. Pour ça que j’adore le virtuel^^.

Dans ma famille, ils appellent ceci « fuir le monde des réalités ». Moi j’appelle cela « se détacher d’un monde de m*rde » où tout le poids des culpabilités se retrouve toujours sur le dos des plus petits. Faut pas croire que je suis qu’un no-life qui lit jamais les journaux. Moi aussi je m’informe. A la différence près que je suis sans doute un peu plus critique envers le contenu des messages que la plupart des gens. Tellement qu’ils sont pris par leur foutu boulot, ils n’ont même plus la faculté de penser. C’est grave je trouve ! Si je dois être franc avec moi-même, il est évident que j’ai tendance à éviter le monde tel qu’il est. J’ai pas envie de vivre dans un monde moche, violent ou crade. Alors oui je préfère rêver que me buter à la dure réalité.

Changer de vie pour revenir en arrière ? Sûrement pas. Un regret ? Oui un seul. Ne pas avoir encore trouvé la geekette qui me conviendrait.

Merci à Valérie et Stéphane de m’avoir permis de m’exprimer librement sur un sujet tabou dans notre société. C’est la seule tribune potable que j’ai trouvé sur le net où on m’a pas foutu à un moment donné dans les paturons le discours officiel.

 

Alexandre Gonzales, dit Gondza

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Note de Gondza : Alienware est une marque d’ordinateurs spécialisée pour les gamers.

Note de Fane :  ^^  =  emoticone  (sourire)

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Par mondernierjob le 13 novembre, 2010 dans Non classé
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LA MISÈRE DES AUTRES APPARTIENT A CEUX QUI SE LÈVENT TÔT

LA MISÈRE DES AUTRES APPARTIENT A CEUX QUI SE LÈVENT TÔT toinemondernierjob

 

Témoignage de : Antoine

Age : 23 ans

Localisation : Oise

Reçu par email en : Octobre 2010

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Bonjour. Je me suis dis tout d’abord que déposer mon témoignage ne servirait à rien vu qu’il n’intéresserait personne. Dans ma vie, ce n’est pas moi qui suis intéressant mais plutôt ce que je fais. Je donne beaucoup mon temps pour les autres, surtout pour les démunis; un temps que je ne donne pas au monde du travail volontairement. Je m’appelle Antoine [mon vrai prénom], j’ai 23 ans et je suis militant pour un monde qui change. Hasard de la vie, je suis en même temps le frère d’un des « Contis », ces ouvriers de Clairoix qui sont passés à la télé. Depuis le début je suis solidaire de leur cause puisque je vois encore mon frère ne pas sortir aujourd’hui de ses difficultés. Il est pour moi [qui n'ai jamais travaillé] l’exemple d’une voie à ne surtout pas suivre, celle d’un père de famille salarié pris à la gorge par des créances.

Tout le monde a en mémoire la colère des « Contis » et le saccage de la sous-préfecture de Compiègne; mais cette affaire n’est pas finie. je vous prie de croire qu’il y a encore du grain à moudre. Xavier Mathieu n’est pas près de lâcher le micro à cette rentrée 2010. Parce que, ce n’est pas parce qu’on n’en parle plus dans les médias que c’est terminé. Moi, j’ai tout vu en parallèle; la misère sociale qui grandi d’un côté et la situation de mon frère qui ne s’est pas franchement améliorée depuis un an. Il n’y aura bientôt plus de différence entre les deux et avoir encore du boulot comme mon frère n’y change rien. Au bout c’est la précarité et le désespoir. Avec tout ça, [tout ce que je vois] on voudrait en plus que j’aille à l’usine ? Non certainement pas. Je suis bien où je suis; hors du travail mais dans la lutte.

Ma journée type de militant

06h00 La misère des autres appartient à ceux qui se lèvent tôt. Petit kawa serré pour bien ouvrir les yeux, plus un clope roulé à l’ancienne. Je ne veux pas être assez riche pour me payer un paquet de cigarettes toutes faites. Tant pis, j’assume. Qu’il pleuvent, qu’il vente, qu’il neige, une heure plus tard je suis dehors. Pas de voiture pas de vélo, je fais tout à pied comme un vrai pauvre.

07h00 Rendez-vous au «relais», un lieu d’hébergement d’urgence planqué au fond d’une cour où se côtoient sans-domicile-fixe, jeunes en galère, émigrants, femmes enceintes et femmes battues abandonnées au beau milieu du trottoir. Là je rebois un autre petit kawa que je partage ce coup là avec les gens cassés de la nuit. C’est comme ça que les discussions s’amorcent pour trouver des solutions. Eux, ils ont la tête dans le mur. Moi, même s’il est minable, j’ai un toit avec une vie privée par dessous. Cela aide à relativiser l’urgence et à imaginer des sorties de crises quand les gens n’arrivent plus à réfléchir.

10h00 Pause relax d’un quart d’heure sur un lit de camp. Je viens de prendre trois heures de misère humaine dans la face, c’est le moment d’en évacuer la première partie. Il faut se garder des réserves pour la suite. Ensuite je fais un peu de toilette.

10h30 L’équipe sociale fait sa réunion. On met sur la table les cas extrêmes de gens au bord du gouffre. Plus ça va et plus on a l’impression que les dossiers difficiles s’amoncellent. On n’en voit pas la fin. La faute à la crise ou la faute à la France ?

12h30 Pause repas sur un coin de tabouret. Bien souvent on mange ce qu’il y a. Ça peut être presque un repas normal, ou que des desserts, ou que des bouts de pain sans jambon et sans pâté. Tout dépend de l’arrivage fourni par les associations partenaires. Priorité est toujours donnée aux nécessiteux; moi je me fais passer après. Je me contente de ce qui reste. J’ai cette chance de ne pas être un gros mangeur.

13h00 Le moment le moins dur de la journée où on organise l’après-midi pour les personnes qui préfèrent rester au chaud au lieu de passer du temps dehors à ne rien faire. Troisième kawa, énième clope et des sourires enfin sur les visages pendant qu’on joue aux cartes. On fait tout pour mettre les gens à l’aise, pour qu’ils aient envie de se détendre et aussi de prendre une douche pendant qu’on garde leurs affaires. Dans les bureaux d’à côté, l’équipe sociale reçoit un à un les gens pour les aider.

16h50 L’équipe sociale s’en va. Ne restent plus que les préposés à la cantine du soir et les bénévoles comme moi. L’ambiance n’est plus la même, surtout en hiver quand la nuit vient vite. On met la télé pour regarder les jeux; mais c’est surtout pour faire un peu de bruit sinon les esprits sont chagrins.

18h30 A cette heure là, il y a toujours la première vague des nouveaux arrivants qui frappe à la porte car ils ne savent pas où passer la nuit. On voit de tout. Des gens débarqués par la police, des mamans avec des poussettes, des jeunes fuyards, des fous, des femmes défigurées. C’est le moment où toute l’équipe encadrante compte sur moi vu qu’il paraît que je suis doué pour accueillir les douleurs vives et tendre un bol de soupe. Tous les jours c’est un rituel très fort que j’aime partager avec les gens et aussi un moment que je redoute vu qu’on n’est pas toujours blindé contre l’insupportable. Des fois c’est cool, des fois c’est horrible. Il y a des larmes, du vomi et du sang sur les vêtements.

20h00 On passe le relais à d’autres personnes qui vont gérer les arrivées de nuit. Je ne le fais pas car c’est trop éprouvant. Il y a déjà eu des bagarres et des descentes de la police pour remettre de l’ordre. Heureusement que les flics sont là sinon ça serait impossible à des moments. Petit commentaire en passant: De manière générale, j’aime pas les forces de l’ordre, mais à noter quand même qu’il y a des vrais sympas parmi eux. Ils sont pas tous en mode « robocop »; y a aussi des hommes sensés sous les uniformes. C’est dommage que certains ne soient pas récompensés dans leur boulot pour cette part d’humanité.

20h20 Soit je rentre tout de suite dans mon petit chez moi, soit je dîne chez mon frère pour ensuite rentrer chez moi. Je me fais discret et facile à vivre pour ne pas perturber sa vie de famille. Je ne reste jamais très tard car mon frère attaque tôt à l’usine; il n’est pas question de le voir se crever.

22h00 Chez moi, je surfe sur le net avec mon vieux pc portable; mon seul plaisir. Je surfe surtout sur les sites à tendance politique et sociale parce que mon militantisme ne s’arrête pas dès que je sors du «relais». Je commente aussi beaucoup l’actu pour que tout aille dans le sens d’un monde qui change.

00h00 Extinction des feux. Je m’endors très vite usé par la fatigue en rêvant très fort qu’un petit président donne sa démission aux Français.

Voilà, il ressemble à ça « mon dernier job »…

 

Toine

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Une petite visite chez les « contis« , c’est par ici → http://continentalweb.free.fr/

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Par mondernierjob le 13 novembre, 2010 dans Non classé
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22 septembre, 2010

MAIN GAUCHE, MAIN DROITE

 

MAIN GAUCHE, MAIN DROITE mondernierjoblouhanne89(Dessin réalisé sur une idée de Louhanne89)

 

Témoignage de : Louhanne89 (Camille)

Age : 38 ans

Localisation : Non communiquée

Reçu par email en : mai 2010 (texte remanié par l’auteure elle-même en août)

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Mise à jour du 23 mars 2011 :

Louhanne89 nous a quittée le 03 mars 2011. Toutes nos pensées vont vers son compagnon, son petit bout et sa famille.

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Bonjour. Pour ce site, je m’appelle Louhanne, parce que je ne tiens pas à témoigner sous mon vrai nom. En vérité, j’ai très peur qu’on me juge.

Les choses importantes à savoir sur moi sont que j’ai bientôt la quarantaine, que j’ai une petite famille que j’aime par dessus tout. Je tiens à dire aussi que je ne tiens pas, mais alors absolument pas à retravailler un jour. Le monde du travail tel qu’il est m’a dégoutté pour toujours.

Si je parle aujourd’hui de ce qui m’est arrivé avant que j’arrête de travailler, c’est parce que j’ai réussi à enfin renouer avec le passé et à pardonner à mes cauchemars, à cause de tous les gens qui m’ont fait du mal.

Mon regard sur le passé ne changera pas mais enfin, je peux me retourner dessus maintenant avec un peu plus de sérénité.

Aujourd’hui, je vis presque heureuse avec mon loulou et mon bout-de-chou, mais je n’oublie pas que la souffrance au travail m’a fait plonger dans une profonde dépression, jusqu’à la folie.

Je voulais me supprimer tellement j’avais mal.

La seule chose que je retiendrais de bien d’avant tout ça sont mes études parce que je me suis donnée à fond pendant quatre années pour être la meilleure au travail. Je me disais que rien ne serait ensuite impossible si je me donnais la volonté nécessaire.

Mais je me suis trompée car on m’a utilisée avant de me jeter comme un klinex. Non, ce n’est pas vrai, ce ne sont pas ceux qui se dépassent qui récupèrent ensuite les lauriers de leurs efforts. Mes lauriers à moi, on me les a volés.

J’ai connu deux grandes périodes difficiles dans ma carrière. Il y a en a une à laquelle je repense lorsque je regarde ma main droite et une autre à laquelle je repense lorsque je regarde ma main gauche.

Si je veux savoir quel chemin j’ai parcouru dans la vie pour avoir survécu à l’ignominie de la souffrance du travail, je n’ai juste qu’à regarder mes mains.

Traditionnellement, on porte l’alliance à gauche. Et bien moi je ne peux pas parce qu’il me manque les deux première phalanges à l’annulaire (et un petit bout du majeur). Maintenant, la partie de doigt qui me reste est petite et conique. Elle ne retient donc plus aucun bijou.

Ceci, je le dois au zèle d’une cheffe d’atelier qui s’est crue intelligente en remettant en marche une ligne de production alors que j’avais ma manche coincée dans le système d’entraînement.

Elle ne m’aimait pas et je le voyais bien dans son œil de cochon. Ce jour là, malgré les alertes des collègues qui étaient présentes autour, elle savait vraiment ce qu’elle faisait quand elle a remis le courant.

Elle devait penser que ma manche serait arrachée et que j’allais avoir peur, comme pour me punir. Le tissus n’a pas craqué en réalité et ma main est partie dans l’entonnoir en une demi-seconde. Le mouvement fut trop rapide pour que je réagisse.

Plus tard, je me suis fait recoudre à l’hôpital mais la partie manquante de mon doigt n’a jamais été récupérée. Il me manquera toujours un bout de moi.

Après l’accident, j’ai pu bénéficier d’un reclassement dans le tertiaire où je pensais que j’allais finir ma carrière raisonnablement.

Avec mon doigt en moins, je faisais en sorte qu’on ne s’en rende pas compte. Je trouvais toujours une astuce pour le cacher. Je ne voulais pas qu’on le remarque et que ça m’attire des ennuis avec qui que ce soit. Je voulais travailler en paix et qu’on ne me martyrise plus. Je faisais tout pour être la plus discrète.

Après une première année sans histoire, j’ai découvert un nouveau chef de service à qui mon handicap ne posait aucune difficulté.

Au début, on a bien collaboré et il m’a donné l’impression que tout était possible. Alors, je travaillais avec plus de plaisir et je rentrais plus tard chez moi. Enfin un jour, je me suis aperçue que je faisais un nombre d’heures beaucoup trop important. J’ai voulu lui en parler et il s’est fermé. Il ne voulait pas entendre que j’avais une vie à l’extérieur.

Après, c’était de plus en plus dur, jusqu’au jour où il m’a annoncé qu’il fallait qu’il me trouve une remplaçante car je ne satisfaisais plus aux besoins du service. Je n’y comprenais plus rien vu qu’avant je gérais très bien le secrétariat alors que ce n’était pas dans mes fonctions de départ.

Alors, je me suis accrochée à mon travail, j’y est tout donné, je faisais en sorte que mon chef change d’avis sur moi et que la relation s’apaise, mais il s’était juré d’avoir ma peau, il voulait me faire craquer à tout prix pour que je parte.

Je n’ai pas tenu très longtemps. En quelque mois j’étais devenue une droguée des médicaments, ce qui a fini de me conduire à l’hôpital psy.

Par la suite, je suis restée deux ans à la maison à ne rien faire. Mon loulou travaillait tout le temps de son côté et on ne se voyait pas tous les jours.

Je me sentais très mal, totalement inutile et même indigne d’occuper une place sur cette terre. Je n’étais qu’une merde qui buvait et se défonçait aux médocs. Alors, je n’avais plus qu’une idée en tête, disparaître dans la nature sans laisser de trace pour organiser mon suicide loin de chez moi.

Un jour, je suis partie sans donner de nouvelles et j’ai disparu pendant plusieurs jours. J’avais l’idée fixe de me jeter d’une falaise car j’imaginais que mourir pareillement allait être plus facile. Mais trop nulle que j’étais, je n’ai rien tenté. Avec beaucoup d’alcool dans le sang, j’ai quand-même malgré tout réussi à m’ouvrir le poignet droit avec un cutter. Quand on m’a récupérée dans ma voiture, il paraît que j’étais inconsciente. Encore un peu et là je mourrai vraiment.

Je pleure car c’est encore très dur d’écrire tout ça.

Aujourd’hui je suis suivie par une psychiatre pour des troubles mentaux importants. Je fais maintenant tout ce qu’on me dit, surtout ce que me dit mon loulou, et je prend les médicaments qu’il faut pour avoir une vie moins noire. Je ne vis plus à en secteur psy depuis bientôt un trois mois mais je suis encore très fragile.

Cet été 2010, se sont mes premières vacances loin de ma chambre d’hôpital. J’ai encore du mal à me sentir bien hors de la curatelle. Les allées des grands magasins et la foule des plages m’intimident beaucoup, mais il faut que j’arrive à dépasser mes angoisses.

Loulou et bout-de-choux sont là pour moi. Parce que je suis maman maintenant et que malgré tout, la vie est un cadeau formidable, je me dois de devenir plus forte.

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Note de Valérie : Pour mieux comprendre le parcours de Louhanne, voici quelques repères temporels.

1994-1998 : Cycle d’études en double cursus. (langue et commerce international)

1997-1998 : Contrat à mi-temps sur une chaîne de conditionnement alimentaire, en parallèle des études.

Juin 1998 : Accident et amputation partielle.

Novembre 1998 : Dans l’impossibilité de faire valoir ses diplômes et face au handicap, Louhanne décide de changer d’orientation professionnelle, d’où le reclassement.

1999-2002 : Poste d’agente d’accueil, puis de secrétaire.

2002-2004 : Période d’inactivité et d’effondrement moral.

2004-2010 : Séjours successifs en hôpital psychiatrique, (2006 : Naissance d’un enfant)

Mai 2010 : Le début d’une nouvelle vie ?…

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Par mondernierjob le 22 septembre, 2010 dans Non classé
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5 août, 2010

DE QUOI VIT-ON LORSQU’ON QUITTE LA ROUTE TRACÉE ?

Petite exception pour une fois, cet article ne sera pas un témoignage !

Touchant au sujet délicat des ressources des non-travailleurs volontaires, nous sommes déjà persuadés que celui-ci sera de loin le plus consulté du blog. Et pour cause ! Que l’on se positionne en tant qu’ardent défenseur de l’anti-besogne ou que l’on soit, tout au contraire, pro-travail, le sujet mérite d’être creusé. Il l’est d’autant plus que vous êtes un certain nombre à nous avoir déjà posé, directement ou indirectement, ce genre de questions : Comment fait-on lorsque aucun salaire ne tombe dans l’escarcelle ? De quoi vit-on quand la route tracée est quittée ?

Pour satisfaire à la compréhension de tous, nous nous sommes donc concentrés quelques jours sur ce point précis et avons mûri notre petite réflexion. Par avance, nous adressons tous nos plus chaleureux remerciements aux participants qui nous ont entrouverts les arcanes de leurs vies privées ainsi que de leur porte-monnaie.

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1 – La théorie des profils

De manière synthétique, si l’on ne devait retenir qu’une seule métaphore correspondant à la cohorte des personnes vivant en dehors du salariat, cela se résumerait ainsi… Un iceberg !

 

DE QUOI VIT-ON LORSQU'ON QUITTE LA ROUTE TRACÉE ? mondernierjobiceberg

La raison en est toute simple : Seulement une petite partie émergée et tout le reste dissimulé !

Souvent stigmatisés par un pan de société qui se considère comme bien-pensante, eu égard à des codes de pensée dont elle n’est même pas parfois consciente, les non-travailleurs ne sont généralement pas très loquaces lorsqu’il faut aborder le sujet de leurs moyens de subsistance. Chacun cherchant à camoufler un tant soit peu ses méthodes de rémunération et ses astuces, comme le ferait un pêcheur avec ses bons coins à poissons.

Pour revenir à l’image de la montagne de glace flottante, nous nous retrouvons donc avec seulement 1/7eme de non-travailleurs notoirement visibles des services de l’État, des médias et du regard direct de monsieur-tout-le-monde. Il s’agit, pour la plupart, d’allocataires ou de personnes dépendant des ressources économiques d’un tiers.

Le profil des allocataires est bien connu. Sans mystère, on y retrouve chômeurs, pré-retraités, handicapés, RSAistes et autres candidats enrôlés dans les différents plans de retour à l’embauche, tous diligentés avec force effet d’annonce par les instances gouvernementales.

Quant aux personnes dépendantes, le panel qui compose cette frange se résume immanquablement par la rencontre des deux extrémités de la vie. D’un côté, on y retrouve sans surprise les moins de vingt-cinq ans, majoritairement sans aide, sans toit et sans première expérience professionnelle, donc de facto, sans la perspective d’un recrutement par un employeur. De l’autre, le grand âge fait de plus en plus son apparition au sein de cette population, un nombre d’aînés sans cesse grandissant qui a le malheur de conjuguer à la fois la précarité et le manque de trimestres aidant à l’établissement d’une retraite à taux plein.

Voilà pour la partie visible de la pièce de glace, celle-là même, blanche et immaculée, que tout navigateur peut déjà apercevoir au loin à l’aide de bonnes jumelles. Bien ! Mais qu’en est-il d’en dessous ? Car nul n’a besoin d’être mathématicien chevronné pour concevoir que 1/7eme ne formule pas le tout…

Toujours sur le fil de cette métaphore arctique, et placés cette fois en limite de la ligne de flottaison, apparaît alors la couche compacte des bidouilleurs, combinards, troqueurs et autres “décroissants” que les sirènes de la consommation globale peinent de plus en plus à séduire. Là, présentement, le mystère commence à s’épaissir et l’obtention d’informations sur les astuces de chacun est soudainement un processus moins aisée. Telle la glace bleutée de l’iceberg, il devient singulièrement plus difficile d’en percer le cœur.

Certains affirment ne pas abuser de procédures illégales, afin de demeurer le plus souvent dans un cadre honnête. Ils optent pour la réduction drastique de leurs élans de consommation, changent parfois complètement de mode vie, privilégiant ainsi une rupture entendue et réfléchie avec l’argent souverain.

Déchethèques, troc et réseaux sociaux tentaculaires sont à l’ordre du jour. Innovations techniques et écologiques sont aussi de la partie, tout comme la maîtrise artisanale du solaire, de la récupération des eaux de pluie, sans oublier la quête de l’autosuffisance alimentaire. MacGyver n’a qu’à bien se tenir au manche de son couteau suisse, car lui fait maintenant face une sérieuse concurrence de bricoleurs avertis. Bienvenue dans la ruche altermondialiste qui souhaite pour demain la fin de l’hégémonie d’une économie boursière toute puissante.

Mais, à demi-mots, quelques autres se laissent aller à la confidence et reconnaissent, goguenards, pratiquer couramment la récup’ sauvage, le squat en bande très organisée, et aller jusqu’aux limites de la fiscalité en matière de taxes et autres formes de déclaration. Pour ces derniers, ce n’est point s’avilir que de prendre si fortement la tangente. Tout au plus cela se résume-t-il le plus souvent à l’envie de bousculer violemment les fondations d’un système social qui ne mérite pour eux que très peu d’égard, relatif simplement au fait que celui-ci est administré, sans transparence, par des hommes de pouvoir emplis de morgue et de suffisance.

On concède alors rouler à l’huile de friture plutôt qu’avec un carburant totalement soumis à la TIPP. On élabore, de manière empirique, des réacteurs Gillier-Pantone pour doper et assainir de vieux moteurs thermiques. On n’imagine pas non plus payer à la sortie des magasins une marchandise alimentaire fraîchement dérobée, et qui serait de toutes les façons jetée en fin de journée par benne entière sur une montagne d’ordures, la date limite de consommation et les obligations sanitaires étant parfois des démonstrations de la loi un peu trop zélées. C’est ce qu’on appelle, dans le jargon des professionnels de la distribution, la “casse alimentaire”.

Se jouer continuellement des caméras de surveillance et des vigiles, payés à coup de lance-pierre, est un sport à grande échelle ! Il arrive qu’il n’y ait parfois aucunement besoin de recourir aux associations caritatives tant la fauche semble promise à réussite. L’idée, comme quoi les centres commerciaux seraient des forteresses imprenables, aurait vécu. Bien entendu, il en va de même pour les transports en commun qui n’ont jamais connu si fort taux de fraude que durant ces dernières années. Quelques collectifs vont jusqu’à se mettre en place actuellement pour mutualiser le montant des contredanses, afin de minorer les effets sur chaque fraudeur en cas de délit constaté. Geste à la portée plus politique que clairement anti-fiscal, bien évidemment.

On se réserve également l’idée de se réapproprier la rue comme symbole d’une agora moderne, et de downloader à tout rompre des formats illégaux, dans le but avoué de flouer les majors, celles-là même qui ont porté très tôt le désir embryonnaire de muer le droit des artistes en droit des maisons de disques. On se dit finalement que pour recentrer les valeurs humaines et influer durablement sur l’avenir, rien n’est mieux que de s’adonner dans l’ombre à une magistrale désobéissance civique.

En dessous de cette limite, à deux brassées de la surface seulement et nappée d’un silence tout aquatique, vit enfin la masse de ceux dont les méthodes ne regardent plus personne. Étonnamment, se trouve là le plus grand nombre !

Telles rascasses dardées tournoyant autour des miroirs de bulles, les petits dealers et les braqueurs ne sont guère loin dans les parages, accomplissant leurs affaires dans les halls d’immeubles et les commerces et rigolant comme des baleines du statut récent de l’auto-entrepreneur.

Les rejoignent alors les adeptes de la prostitution, qu’elle soit organisée, ritualisée ou bien temporaire. Un choix paradoxal qui implique d’être rattaché sous une certaine forme au lointain monde du travail sans jamais en mériter ouvertement la reconnaissance sociale. Une sorte de souhait transfuge que cette population sexuée partage avec une autre, très différente sur la forme et sur le fond, mais dont la particularité première est de préférer toujours plus le crépuscule des grands fonds que la lumière, c’est à dire, les personnes vivant de manière irrégulière sur un territoire.

Enfin, aux antipodes de la surface, hors de portée de vue et noyé dans l’épaisse obscurité propice aux coups tordus, se concentrent toutes les formes d’escrocs pour qui le travail, valeur aérienne par excellence, n’est certainement pas une notion envisageable, tant elle semble dégradante.

Du chef de clan à l’apprenti voleur, ceux-là même éclairés dans leurs choix crapuleux qui ne s’accordent en rien avec les conceptions normatives du monde du travail, ne semblent pas craindre le recours à des méthodes discutables. Pas ou peu de code déontologique et aucune concession envers l’ordre établi. Ils n’ont dans le fond qu’une seule angoisse : Que la masse rompue de l’iceberg ne se retourne brusquement, à entendre par là un bouleversement social, ce qui les ramènerait nécessairement au grand jour.

2 – La réalité des conjugaisons

Mais la réalité n’épouse pas forcément les chemins de strates aussi linéaires ! En vérité, comme les veines marbrées qui s’étirent tout du long des glaces de l’iceberg, des passerelles invisibles sont jetées par endroit, reliant alors les différentes conditions sociales précédemment décrites. Le bas s’attache donc avec le haut, et l’honnêteté s’accommode parfois de combines illicites. En conséquence, cela donne le plus souvent un patchwork de valeurs tout à fait bigarrées, qui se recoupe parfois en un seul et même individu.

En cela, les exemple qui suivent sont explicites autant que concrets. Ils sont le reflet de cas authentiques dont seulement les patronymes ont été masqués, par souci du respect de la vie privée.

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Maxime : 31 ans ; père de famille ; sportif et randonneur ; ancien commercial dans le BTP ; allocataire de l’ASS ; dispose d’une déchethèque dont il troque les éléments contre d’autres biens ; vit pour l’instant en mobilhome ; pratique de temps à autre le vol alimentaire ; milite pour la régularisation des sans-papiers ; supporte un crédit depuis de nombreuses années.

Revenu mensuel : de 1100 à 1350 €

Reste une fois tout payé : 40 €

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Laurence : 46 ans ; vit en couple ; touchée par une maladie dégénérative ; propriétaire d’un immeuble très ancien reçu en héritage mais dont l’entretien avale le montant insuffisant des loyers ; sans emploi ; vit d’une aide sociale et d’une pension d’invalidité ; a été plusieurs fois rectifiée à l’impôt ; a vendu sur les marchés sans autorisation.

Revenu mensuel : 995 €

Reste une fois tout payé : 0 €

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Goran : 51 ans ; divorcé ; ancien réfugié politique ; propose ses services d’ex-mécanicien professionnel contre biens et produits de consommation ; spécialisé dans la récupération d’épaves automobile ; écoule des pièces sur internet ; fut incarcéré pour vol de voiture en ex-Yougoslavie ; participe très activement au milieu caritatif de sa région.

Revenu mensuel : de 900 à 1100 €

Reste une fois tout payé : 100 €

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Jean-Marie : 48 ans ; vit en couple ; ancien fonctionnaire territorial ; sédentarisé depuis trois ans ; a parcouru précédemment l’Europe en camion ; préfère la vie en communauté ; prône l’autonomie alimentaire et énergétique ; jardine bio en toute saison ; écoule sa production à l’extérieur ; a perçu le RMI durant plusieurs années, mais ne touche plus rien ; compte avant tout sur sa communauté pour les premières nécessités.

Revenu mensuel : 300 €

Reste une fois tout payé : 100 €

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Samuel : 38 ans ; séparé mais vit en couple ; gardien d’immeuble licencié depuis un an ; vit actuellement sur son allocation chômage ; spécialisé dans la récupération, le troc et la revente de métaux ; prend à sa charge trois enfants ; est actuellement étranglé par un crédit revolving.

Revenu mensuel : 1455 €

Reste une fois tout payé : 0 €

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Karina : 27 ans ; séparée ; détentrice d’un bon niveau d’étude ; ancienne hôtesse en grande surface démissionnaire ; chômeuse non-allocataire depuis trois ans ; a vécu en squat et en collocation sur la capitale ; propose ses charmes sur internet depuis un an ; a pratiqué quotidiennement le vol en magasin jusqu’à son interpellation.

Revenu mensuel : de 2400 à 2700 €

Reste une fois tout payé : de 800 à 900 €

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Mathieu : 23 ans ; ancien étudiant ; célibattant ; aime la fête ; en rupture avec sa famille ; vit dans un squat en centre ville d’une grande agglomération ; ne possède pratiquement rien si ce n’est un ordinateur portable et un saxophone ; bosse parfois au black ; reçoit aussi régulièrement de l’argent de son frère ; milite contre les OGM ; milite pour le logiciel libre ; hacktiviste ; pratique quotidiennement le vol alimentaire et vestimentaire.

Revenu mensuel : de 300 à 350 €

Reste une fois tout payé : 0 €

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X : 41 ans ; vit en couple ; ancienne femme d’agriculteur ; suivie pour trouble psychiatrique ; a changé récemment de vie suite à un désengagement politique ; chômeuse en fin de droit sans revenu de remplacement ; vit grâce aux associations caritatives ; est logée à titre gratuit ; par décision de justice, n’a plus la garde de son fils.

Revenu mensuel : 0 €

Reste une fois tout payé : 0 €

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Mariama ; 46 ans ; apatride régularisée ; a fait la grève de la faim ; mère de deux enfants ; tournée vers la religion ; croit en sa bonne étoile ; pratique les arts divinatoires ; compte exclusivement sur sa communauté ethnique pour le logement et la nourriture ; a pratiqué de nombreux emplois non-déclarés chez des familles aisées ; ne cherche plus de travail depuis un an.

Revenu mensuel : de 600 à 800 €

Reste une fois tout payé : 300 €

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Nous tenons particulièrement à remercier :

Annie & Thomas, Cizia, Pascaline (youyou), Maryse la chasseresse, Chantou, Bhilé, ɘxhibiti8n-m4n (l’Ω o sexal-R), Grojeannot, Stéphane de Melun, Joëlle “toute seule”, Annanonim, Chasseur Zéro, Rog50, Françoise-Élise, Linda, Yjohann, Laurine, *-Estel-*, Birloute, Горан, Sainte-Madeleine, Naomie Soupcampbell, Juju_la_roue_libre, Théodore, Michel du Mont-Saint, Samuel et son frangin (dont on a perdu le nom), Samuel “l’autr’machin”, Benjamin, Hamed, Serge “tout-va-bien”, Kate de Bruxelles, le Termidor, Siitoo, Tomoya, Simonette de Toulon, Extasia, Sancho-Panzo, Christophe B, Nelson99, Jean-Pierre de la Poste, Scarfesse, J’ean-M’ichel, Salomé & Thierry, Môsieur Bidouille, BlackBox et toute la clique infernale de Mamie Poussin, qui ont tous participé de près ou de loin à la préparation de cet article.

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Vale & Fane

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Par mondernierjob le 5 août, 2010 dans Non classé
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8 juillet, 2010

INADAPTÉE

 

INADAPTÉE mondernierjobkate

 

Témoignage de : Kate

Age : 44 ans

Localisation : Bruxelles

Reçu par email en : juin 2010

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Est-ce qu’on naît inadapté(e) ? Est-ce qu’on le devient ?

Les sociologues ont un mot pour désigner le frein que peut représenter dans la réussite de sa vie, un contexte familial et l’espèce de loyauté inconsciente qu’on lui voue : « habitus »… L’habitus serait responsable de quantité d’échecs, scolaires et/ou professionnels, et cela dans tous les milieux, malgré la touche de libre arbitre que nous possédons tous.

On peut aussi avoir reçu tellement de coups dans une vie tellement toxique, qu’on se soit réfugié hors-réalité, que ce soit dans l’alcool ou autre, peu importe… La résilience ne fonctionne pas toujours et pas mal d’humains qui ont mordu la poussière ne se relèvent jamais vraiment.

A moins que notre caractère personnel ne soit prépondérant, et fait pour se couler, ou non, dans le moule de la société dans laquelle il est tombé… J’imagine par exemple un besoin profond de vivre en autarcie dans un monde où le consumérisme est absolu et obligatoire…

Il y aurait sûrement différentes formes d’inadaptation empêchant la réussite.

Mais aussi, que veut dire « réussite » ?

Est-elle forcément visible aux yeux de l’entourage ? Jusqu’à quel point doit-elle être reconnue socialement ? Jusqu’à quel point son invisibilité pourrait-elle impliquer un leurre de réussite et non une réussite « réelle » ? En d’autres termes, peut-on avoir « réussi » sans que personne ne le sache jamais et quelles seraient alors les conditions de cette réussite-là ?

Ce préambule pour vous faire comprendre à quel point, perdue dans les méandres des possibilités infinies des raisons de ma propre inadaptabilité, je peux infructueusement aller très loin dans mes recherches sur ces questions cruciales… il y a une part de mystère que je ne résoudrai jamais… Je ne témoigne donc pas ici pour apporter « ma » réponse, j’en suis réduite à raconter, simplement.

J’ai vécu mon enfance dans la peur d’une mère psychotique, que j’ai fuie alors que je n’étais nullement prête à affronter le monde, le genre « oisillon tombé du nid » quoi…

Ont succédé à ce départ précipité les « années galères », celles des petits boulots innombrables, depuis le sacro-saint Macdo jusqu’à modèle à l’académie de dessin en passant par serveuse, ouvreuse de cinéma, et tant et tant d’autres… Années aussi des cassages de gueule, qu’ils soient affectifs ou financiers.

A 24 ans, une professeure d’université me voyant enfoncée chaque année un peu plus dans cet sorte d’embryon d’inadaptabilité, me propose d’entamer des études universitaires… je me crois stupide, elle prétend que non. Bof, sans meilleure idée, j’essaie l’Histoire, et, stupeur, réussis.

Mais je ne suis pas une intello, j’aime créer avec mes mains (dessin, BD, sculpture…), alors j’alterne mes idées de vocations, sans jamais m’arrêter à aucune, un vrai papillon bourré qui volerait en zig-zag !

Mise d’un enfant au monde à la sortie des études, et je décide de m’y consacrer… le « vrai » travail attendra, ma maternité prime… Entre atermoiements et décisions incertaines, le temps passe… j’arrive à trente ans en me demandant toujours « ce que je ferai quand je serai grande » !

Une petite chance : un CDD m’offre mon premier boulot d’adulte : je passe trois ans à l’université à travailler agréablement pour la recherche historique… mon meilleur souvenir : faire les relevés des graffitis du Moyen Age de la crypte romane découverte sous notre cathédrale gothique bruxelloise… je décalque ces dessins du fond des âges en écoutant l’organiste répéter ses concerts, je crois qu’il n’y a pas plus agréable que d’être payée pour cela !

La fin de ce merveilleux CDD m’amène doucettement à mes 35 ans et je ne suis toujours « personne »… Ça commence à m’inquiéter… Que faire de la suite de ma vie ? J’envisage de m’installer à Vienne, en Autriche (j’adore cette ville !), mais trop dur pour moi; l’allemand échappe à toutes mes tentatives d’apprivoisement, et changer de vie à ce point avec un enfant est plus que problématique… bref, j’ai pas les épaules, je reste à Bruxelles… le temps continue à passer… en vain ?

Décision soudaine ! Au lieu de « repartir à zéro », pourquoi ne pas faire fructifier mon diplôme d’Histoire reçu près de 8 ans plus tôt ? Envie de devenir prof ? Heu, pas spécialement, mais ça, au moins, c’est un chemin évident et sûr, qui va me sortir de mon ornière ! Et c’est parti pour l’agrégation : j’ai 36 ans…

En Belgique, l’agrégation dure un an, mais c’est une année bien trash… Pas mal abandonnent… moi, vissée dans cette toute nouvelle sérénité de savoir enfin « qui je suis » et « où je vais », je m’accroche… et je réussis. Ça y est ! J’ai un métier !

Voilà, on y est : ma première école ! J’enseigne. Je me dis que je veux devenir un bon prof : le genre compétent dans sa branche, et passionnant à écouter… Est-ce que je mets la barre trop haut ? L’entente avec les élèves est bonne, et les moments de grâce existent (comme par exemple quand on arrive à garder une classe muette quelques instants, bouche ouverte et œil brillant devant ce qu’on lui raconte, et tant d’autres que je garde au chaud dans mon cœur…), mais ma compétence ne suit pas. Je manque de connaissances de fond comme d’explications intelligentes quant à l’actualité… cela me stresse énormément, cela me stresse de plus en plus, surtout quand il m’arrive d’apprendre aux élèves quelque chose que je ne sais moi-même que depuis la veille… J’ai l’impression de pratiquer l’imposture à grande échelle !

Alors, pour pouvoir donner cours, je commence à carburer aux anxiolytiques… c’est le début de la fin. L’angoisse me serre dans son étau paralysant… Un amour raté (deux années de douleur) se greffant à ce malaise permanent, et voilà que je dérape dans la dépression.

C’était il y a bientôt quatre ans… Juin 2006, remerciée par mon directeur, l’enseignement se termine pour moi, à jamais je pense… Je ne veux plus être prof et me retrouve à 40 ans comme avant d’avoir fait l’unif… à me demander qui je suis et ce que je vais faire, mais en plus, engoncée dans une dépression sauvage et des crises d’angoisse de plus en plus fréquentes et lourdes… Je me recroqueville chez moi, je ne sors plus sans angoisser, je m’écarte de mes amis et de ma famille… on me dit peut-être « phobique sociale »…

Peu importe le nom, je reste roulée en boule dans mon terrier, chez moi, c’est ma bulle, mon coin de paix, ma sécurité… Pour le reste, je continue à faire de ma maternité une priorité absolue, mais je ne sais plus rien porter d’autre, et surtout pas un travail…

Un centre de jour m’accueille cette année, en avril 2010, il va peut-être m’aider à démêler les fils… je prends toujours les antidépresseurs et les anxiolytiques, je suis toujours coincée chez moi, le chômage menace de me radier, je me réfugie au creux douillet de la mutuelle, ersatz de mère, cocon protecteur, même si la Belgique ronge progressivement les vieux acquis sociaux que nous pensions éternels…

Au centre, je travaille la pierre et mes mains sont douées pour cela… Une nouvelle piste de vie ? Aucune idée. Ma fille me somme d’écrire un roman, mais tout le monde a un roman dans son tiroir et Pivot disait : »vous voulez faire quelque choses pour la littérature ? De grâce, arrêtez d’écrire ! ». Et puis surtout, mon « art » est réaliste et manque d’originalité, les artistes se sont toute ma vie fait un plaisir de me le rappeler… Ça m’a même fait arrêter de dessiner pendant dix ans…

Alors maintenant, j’ai 44 ans et je ne sais toujours pas ce que je vais faire « quand je serai grande », sauf que la deuxième moitié de ma vie est entamée… Il n’y a toujours aucune réponse à mes interrogations terrifiées, et je tiens jour après jour grâce à ce qui me fait vivre : mon amour pour un enfant, quelques personnes qui m’aiment et que j’aime, des animaux éclopés qui ont besoin de moi, et les plantes, les pierres, la déité de la nature.

Mais pour le reste, je ne sais pas si je vis…

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Le blog de Kate est à cette adresse : http://virya.unblog.fr  Bonne visite !


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Par mondernierjob le 8 juillet, 2010 dans Non classé
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MARRE DES PATRONS !

 

MARRE DES PATRONS ! mondernierjobfautpasdec

Témoignage de :  » Fautpasdeconner  »

Age : 38 ans

Localisation : Non communiquée (pour l’instant)

Reçu par email en : juin 2010

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Bonjour. Je vous écris aujourd’hui car j’ai un besoin impérieux de me lâcher ! Je suis sur le point de faire parti d’un plan social, le deuxième de ma carrière, et là s’en est trop !

Il y a toujours de l’argent pour les patrons, pour les actionnaires, pour les fonds de pension et jamais pour nous. Comme d’habitude ! Mais putain, on va se faire mettre jusqu’à quand, bordel ?

Sitôt que je suis licencié, je vais bien me garder de rendre une petite visite à pôle emploi ! Ils ne sont pas près de voir ma tronche pour leur suivi personnalisé à la mord-moi-le-nœud. Aboule le fric, celui de mes allocations chômage, dûment méritées et pour lesquelles j’ai tant trimé sans prendre de vacances, et tchao !

Ils vont pas me prendre pour un con longtemps.

C’est déjà la deuxième fois qu’on me met sur un siège éjectable. J’en ai ma claque de tout ce bins. Bientôt, il faudra encore que je fasse un bilan de compétences avec tout le tintouin : lettres de motivation, photos en couleur, curriculum vitæ, stages de remise à niveau. Désolé, j’ai plus le courage à ses niaiseries !

En définitive, je me demande si mon vrai métier ne serait pas plutôt d’être qu’un fusible sur le marché de l’emploi !

J’ai vingt ans de maison dans l’aluminium et ses dérivés. J’ai occupé nombre de postes depuis mes dix-huit ans car c’est ma spécialité. J’ai fais des études pour ça. Découpage à la guillotine, au disque, au laser et eau sous haute-pression ; soudure au tig et à l’argon ; pliage à presse, à la clé à main ; emboutissages curvilignes, mise à l’angle ; assemblages pour vérandas, automobiles, bateaux et, dernièrement, systèmes anti-inondation. Je connais bien l’alu pour en avoir bouffé presque tous les jour pendant toutes ces années.

Et maintenant, on vient me dire que je ne suis plus assez qualifié ! Qu’il faut que je dégage ! Mais de qui se moque-t-on là ? A qui croient-ils qu’ils parlent ces dirigeants ? A des imbéciles, à des idiots ? Ils croient qu’on pige que dale de la grande finance ?

Y en a plein de le dos que nos métiers partent ailleurs. Y en a marre de tous ces patrons ripoux qui dépouillent nos usines de leurs machines-outils pour les emmener on-ne-sait-où. Y en a plein le cul de voir ces mêmes fossoyeurs disparaître en fin de compte avec l’oseille pour se payer de jeunes prostituées à Bangkok.

Je ne veux PLUS JAMAIS travailler pour ces gens là. Je ne veux plus avoir à faire à eux, ils me débectent, tout simplement ! Il n’y a pas une semaine sans qu’on sache qu’un patron s’est barré avec le tiroir-caisse, et on continue à constater sans rien faire pour les empêcher. Les séquestrer ne sert à rien, ils n’ont même plus peur car ils savent de toute façon que les forces de l’ordre sont là pour les extraire, s’il le faut de toutes les manières possibles. Ils s’en contrebattent de nous. On peut bien en faire sauter des tas d’usines avec des bouteilles de gaz et partir tous en prison, du moment que sur le parking leurs berlines toutes options avec les vitres tintées ne soient pas brûlées.

Quand j’ai connu mon premier plan social, il s’est passé exactement la même chose que maintenant. Là, ça recommence. Ils nous embrouilles dans des discutions honteuses et les syndicats sont trop mous pour avoir des coucougnettes dans le slip. On n’arrive même plus à se faire entendre des médias. Il y a que le foot et Sarko à la télé. remarquez, j’aime bien le foot aussi, mais pas au point de voir tout disparaître derrière ce paravent de fumée. J’en peux plus moi, c’est trop ! J’ai envie de tout cramer.

Je vais sur ma trente neuvième année, honnêtement je ne me vois pas continuer jusqu’à 65 ans* en passant d’un repreneur à un autre. Et puis, je serais bien étonné que le corps suive. Quand on voit les plus vieux qui tirent déjà la langue, pas très rassurant tout ça !

Il faut que ça s’arrête maintenant sinon, nos enfants n’auront pas le temps de grandir qu’ils connaîtront déjà les barricades. Comme beaucoup d’autres laissés-pour-compte, j’ai perdu la foi en l’avenir.

Quand il le faudra, j’irai prendre ma plus belle barre à mine afin de déchausser les pavés. Alors, la fête pourra commencer…

Merci de m’avoir laissé m’exprimer.

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* Synthèse d’une note de l’auteur : Messieurs et mesdames, on vous ment ! Bientôt l’âge de la retraite effective sera de 65 ans, en accord déjà avec la législation actuelle. La réforme des 62 ans n’est que la première marche vers un temps de cotisation encore plus long. Travailler ou mourir, pas d’inquiétude, vous aurez les deux !

 (image cliquable)bellaciao

 

S’il vous plaît, visitez Bellaciao.org, pour ne pas finir idiot !

Note de Valérie : Les termes mis en italiques ont été modifiés. Les mots originels étaient alors beaucoup plus violents dans la force de leur expression. Pour le respect des lecteurs, nous avons décidé, en accord avec l’auteur, d’amoindrir la virulence sans en affecter le sens. Malgré, tout, cela prouve bel et bien que la grogne est là, comme un feu qui rampe vers son buisson… A quand la grande révolte ? Toute la question est là.

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Par mondernierjob le 8 juillet, 2010 dans Non classé
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LE TEMPS EST LA SEULE POSSESSION DE L’HOMME

 

LE TEMPS EST LA SEULE POSSESSION DE L'HOMME mondernierjobidris

 

Témoignage de : Idriss

Age : 45 ans

Localisation : Non communiquée

Reçu par email en : juin 2010

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Le temps est précieux. Pourquoi le perdre à travailler ? Je n’ai jamais compris (!?!)

Je me suis fait piéger pendant dix ans dans un travail qui n’était pas fait pour moi. Lorsque je suis sorti de cette embûche, je me suis promis de ne plus me faire avoir. Je savais déjà que le travail tuait le temps. Cependant, pour faire comme tout le monde, je n’ai pas écouté mon instinct.

Mais le temps c’est quoi ?

Le temps, à notre dimension, est une tranche d’existence coincée entre un vide et un autre. Avant, personne ne saurait dire avec certitude ce qu’il en est. Après non plus.

Au fil de sa vie, le temps n’est que la seule possession de l’homme.

Quand je tentais de construire ma vie en travaillant, c’est là que je l’ai vu fuir sous mes yeux. Mon salaire ne me rendait pas heureux. Mon patron ne me rendait pas heureux. Ma ville ne me rendait pas heureux. Dépenser mon argent dans des obligations non plus ne me rendait pas heureux.

Alors, j’ai décidé de transformer mon temps pour le rendre heureux.

D’abord, je me suis éloigné de la ville. J’ai regardé mes mains et me suis demandé : « que vais-je bien pouvoir en faire ? Ma tête est remplie de livres, je suis bien éduqué. J’ai pourtant tout à apprendre. »

Petit à petit, j’ai commencé. D’abord j’ai chanté pour me mettre de bonne humeur. Ensuite j’ai pétris la terre et le pain, pour nourrir le corps, le toit et l’eau pour prendre soin du corps. Une fois tout ceci fait, je me suis tourné vers l’extérieur pour chercher l’amour et le confort… Mais je n’ai jamais cessé de chanter.

Mais oui, mais oui, c’est très joli toutes les belles paroles de monsieur Idris ! Très poétique ! Mais la vérité, elle est comment ?

La vérité est comme ça.

Né au Cameroun il y a de cela quarante-cinq ans, j’ai eu la chance d’aller tôt à l’école jusqu’en cycle universitaire. J’ai rencontré la belle France, sa culture, ses jolies filles et sa bonne nourriture. En fin d’études, je suis reparti à Yaoundé pour prendre l’emploi d’ingénieur dans l’hydraulique.

Pendant dix ans, j’avais la voiture et la chemise. Toutefois, tout était superficiel. Tout le monde à ma place aurait été content, mais pas moi. Je ne me réalisais pas.

J’ai toujours voulu être musicien, une autre manière de construire et déconstruire le temps. Au sens littéral, oui je me suis éloigné de la ville pour retourner les contours de ma culture, du temps et de l’univers. Toutefois, plus platement, j’ai commencé surtout à relever les manches et remettre debout une habitation. J’ai travaillé également la terre qui était autour.

L’habitation est devenue ma maison. Au gens qui m’entouraient, je partageais les légumes des bonnes récoltes que je ne mangeais pas, et c’est ainsi que j’ai rencontré la famille de ma femme.

A l’heure d’aujourd’hui, mes mains sont devenue agiles. Musique, maçonnerie, mécanique, menuiserie, agriculture, soudure, canalisation, eau, feu, lumière… Elles savent tout faire ! Elle savent tout autant enseigner à qui veut bien m’écouter. Je veux absolument transmettre tout ce que je sais à mes enfants.

Plus tard, grâce à mes mains j’ai redressé une autre habitation. Un peu plus grande et plus confortable pour tout le monde. Dans le foyer, l’argent a fait son retour. Il doit toutefois bien garder sa place pour ne pas contrarier le temps et chasser le bonheur.

Bientôt, je vais quitter ma deuxième habitation pour une troisième. Je sais que je vais devoir tout refaire ailleurs. Refaire cependant n’a pas d’importance, puisque j’ai le temps avec moi.

N’oubliez pas ce que j’ai déjà écrit, le temps n’est que la seule possession de l’homme.

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Par mondernierjob le 8 juillet, 2010 dans Non classé
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BEAUCOUP DONNER POUR NE PAS RECEVOIR

 

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Témoignage de : Stéphane

Age : 41 ans

Localisation : Champagne-Ardennes

Reçu par email en : juin 2010

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Bonjour. Ancien chômeur, j’ai eu la chance et le bonheur de fonder ma petite entreprise en 2001.

De la situation d’ex-employé dans les espaces verts, je suis devenu créateur et gérant d’une boutique, mon nouveau métier consistant à monter des composants informatiques pour en faire des ordinateurs pour les vendre aux particuliers ou aux entreprises. On appelle cela être assembleur. A paris, la rue Mongallet en est pleine.

Dans mon rêve, j’ai mis toutes mes tripes ainsi que beaucoup d’argent. En fait toutes mes économies.

J’ai été jusqu’à faire repeindre mon véhicule personnel aux couleurs de mon entreprise. Du fait que j’étais propriétaire, j’ai aussi mis ma maison sur le tapis. J’ai tout donné sans jamais compter mes heures pour que mon souhait se réalise. Être mon propre patron pour ne plus connaître les dérives du chômage, voilà l’idée à laquelle je souhaitais adhérer.

Maintenant j’en parle au passé avec beaucoup de regrets. Ma boutique n’a fonctionné que quatre années, la dernière de toute étant effroyable. Je me suis fait cambrioler deux fois et les voleurs courent toujours. J’ai viré un employé qui tapait dans la caisse et j’ai licencié un autre par manque d’activité. J’ai fini tout seul derrière le comptoir comme un pénitent. J’ai eu les impôts, les prud’hommes (en tant que plaignant), les huissiers, le tribunal administratif. Enfin bon j’ai tout eu.

Quand les comptent ne se sont plus équilibrés, c’était le début de la fin.

Lors de la rupture du bail, j’étais effondré de rendre les clefs. Je voyais mon rêve prendre l’eau de tout part en trouvant cela profondément injuste. Durant les belles années, je n’ai jamais roulé sur l’or, je ne faisais jamais d’écart pour ne pas couler la trésorerie.

Une entreprise toute neuve est forcément fragile, il faut faire attention de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, mais visiblement je n’ai pas été suffisamment vigilant. Si je peux donner un conseil aux créateurs d’entreprises qui me liraient, surtout ne jamais présumer des problèmes d’argent, il faut toujours anticiper, parole de galérien.

La suite, c’est la dégringolade. Je n’avais plus d’activité, plus de quoi me verser un minimum de salaire, sans compter que je n’avais pas droit aux accedic parce que j’étais gérant principal et unique sans activité annexe, une belle connerie du système français. On travaille, on s’investit mais en cas d’échec, pas de planche de salut. Ou alors il faut prendre une assurance prohibitive.

Dans mon malheur, j’ai connu la chance d’être logé et nourri gratis durant un an par mon ex-épouse. On ne s’est pas remis ensemble pour l’occasion mais on a cohabité en bonne intelligence.

Sans elle, je serais mort sans doute dans la rue car je suis insulino-dépendant. L’hiver ne pardonne pas dans la haute-Marne pour les sans domiciles ayant des soucis de santé.

En 2007, j’ai retrouvé du travail dans ce que je savais faire avant. J’ai repris la taille des arbres et la tonte des pelouses sur une petite tondeuse-tracteur mais l’idée ne m’emballait plus. A la fin du contrat (CDD), l’entreprise m’a remercié durant le mois de septembre.

Je suis devenu à nouveau chômeur sans trouver de nouvelle solution. Je patiente en bricolant des PC chez moi en comptant les mouches qui volent. Quand à remonter une boutique, c’est bien fini. Je ne me hasarderais plus sur ce terrain.

Pour l’instant, je laisse courir mes droits et après on verra. Mais ça m’étonnerait franchement que je me précipite bientôt sur le boulot.

J’ai été trop écœuré de beaucoup donner pour ne pas recevoir.

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Note de Fane : La vidéo présentée en haut de l’article a quelques petits défauts.

  1. Si vous n’entendez aucun son, il suffit de monter plus fort le volume. Le niveau de l’enregistrement est bas.

  2. Concernant cette vidéo, une remarque a souvent circulé sur le fait qu’on ne parle pas de la pâte thermique. Le matériel employé dans la vidéo est déjà équipé d’un stick collé au dessus du processeur. Regardez bien, il est de couleur beige. Voilà pourquoi le monteur n’y fait pas référence.

  3. Il est mieux de monter au préalable la carte-mère avec ses composants à l’extérieur du boitier. M’enfin bon, chacun sa méthode. Le tout est que ça fonctionne !

- – -Merci à Nourredine

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Par mondernierjob le 8 juillet, 2010 dans Non classé
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